STRUCTURE D’UNE FORMULE

L’objectif de cette partie “structure d’une formule” est de visualiser l'architecture théorique d'un produit avant de parler des ingrédients spécifiques. On classe les ingrédients selon leur fonction technique au sein de la formule : les fonctionnels et les actifs.

Les fonctionnels sont des ingrédients qui remplissent une fonction technique essentielle dans la formule. Ils permettent structurer, de stabiliser, d’émulsionner, d’épaissir ou encore de conserver. Sans ces ingrédients, la formule ne tiendrait tout simplement pas. Par exemple, les conservateurs qui protègent la formule contre les bactéries, microorganisme et l’oxydation afin de garantir la sécurité du produit. Ou encore les gélifiants qui déterminent la viscosité du produit afin de créer un gel, un liquide ou une crème épaisse.

Les actifs sont des substances ajouté pour leur efficacité ciblée sur la peau (action anti-âge, hydratant, éclat, anti-acné). Ce sont eux qui font les “promesses” du produit. D’ailleurs, les actifs sont souvent présents en faible quantité dans la formule, car ils sont très concentrés et puissants.

Attention, certains ingrédients peuvent être à la fois fonctionnels ET actifs. L’exemple parfait est la glycérine : elle a une fonction technique d’humectant (elle retient l’eau dans la formule) tout en étant un actif hydratant reconnu, elle maintient l’hydratation de la couche cornée.

Ces deux types d’ingrédients se regroupent selon leur affinité. On identifie trois phases distinctes

  • La phase aqueuse (hydrophile) qui regroupe l'eau et tous les ingrédients solubles dans l'eau, la glycérine, les gélifiants et les actifs aqueux. L’eau apporte de la fraîcheur à l’étalement.
  • La phase grasse (lipophile) est constituée des corps gras : huiles, beurres, cires, silicones ou esters. Ces ingrédients ne se mélangent pas naturellement à l'eau. Ils apportent la nutrition et renforcent la barrière cutanée.
  • Il existe une dernière phase, les ingrédients “solides” sous forme de poudre, qui ne sont pas soluble, ni dans l’eau, ni dans l’huile. Ils restent simplement en suspension dans le produit. C’est le cas des paillettes ou encore des grains dans les produits gommants.

Une fois les ingrédients assemblés, la formule doit respecter des critères stricts pour être stable et sûre dans le temps.

Le pH de la formule (c’est-à-dire le potentiel Hydrogène). Ce pH doit être ajusté pour être compatible avec celui de la zone d’application. Pour la peau, on vise généralement un pH physiologique acide, autour de 5,5, afin de ne pas perturber le microbiote cutané ni irriter l’épiderme. Mais ce pH peut être volontairement modifié pour obtenir une action spécifique comme pour un produit exfoliant ou soin anti-imperfections), on cherchera un pH plus acide, entre 3,5 et 4 afin d’assécher légèrement la peau pour diminuer l’apparition de boutons.

La viscosité définit aussi la résistance du produit dans le temps. Si le produit devient liquide ou s’épaissi. Ce paramètre doit être parfaitement adapté au type de conditionnement choisi, qu’ils s’agisse d’un pot, d’un tube ou d’une pompe sprayable par exemple.

La compatibilité entre les ingrédients est clé. Il faut vérifier qu’aucune intéraction chimique indésirable ne se produit entre les composants d’une formule. Certains ingrédients peuvent casser la viscosité, casser l’émulsion, colorer la formule.